Livret d : financer davantage la france par l’épargne des français
Au 28 août 2026, le TEC 10 de l’État français se situe à 4,09 %. Le taux moyen pondéré des OAT émises en 2026 est de 3,47 %. Dans le même temps, le Livret A rémunère l’épargnant à 1,70 % depuis le 1er août 2026.
Le constat
Au 28 août 2026, le TEC 10 de l’État français se situe à 4,09 %. Le taux moyen pondéré des OAT émises en 2026 est de 3,47 %. Dans le même temps, le Livret A rémunère l’épargnant à 1,70 % depuis le 1er août 2026.
Ces chiffres ne sont pas directement comparables (une dette à dix ans et une épargne liquide n’ont ni la même durée ni les mêmes contraintes) mais ils montrent qu’il existe potentiellement un espace économique entre le coût de financement de l’État et le rendement accepté par les épargnants français.
La proposition
Créer un « Livret D », accessible aux particuliers et destiné à financer une partie de la dette publique française lorsque son coût complet est inférieur au financement alternatif de l’État.
ÉPARGNE DES FRANÇAIS → LIVRET D → FINANCEMENT DE LA FRANCE → INTÉRÊTS VERSÉS AUX FRANÇAIS
Le double effet recherché
Premier effet : une économie potentielle pour l’État. Si, à durée et caractéristiques comparables, l’État peut rémunérer le Livret D à un taux inférieur à celui qu’il aurait payé sur le marché, il réduit sa charge d’intérêts.
Deuxième effet : les intérêts payés ne disparaissent pas. Ils deviennent un revenu financier pour les ménages français. Ils peuvent être consommés, réinvestis ou conservés pour préparer la retraite.
Le Livret D cherche donc à produire simultanément : ÉCONOMIE POUR L’ÉTAT + POUVOIR D’ACHAT ET PATRIMOINE POUR LES FRANÇAIS.
Exemple pédagogique
Prenons volontairement un exemple simplifié : 100 milliards d’euros financés à 4 % représentent 4 milliards d’euros d’intérêts annuels. Si un financement réellement comparable pouvait être obtenu via le Livret D à 2,5 %, le coût brut serait de 2,5 milliards, soit un écart théorique de 1,5 milliard d’euros par an avant frais de gestion, fiscalité, liquidité et autres coûts.
Cet exemple n’est pas une prévision budgétaire. Il sert à montrer le mécanisme. L’économie réelle doit toujours être calculée par rapport au coût de marché correspondant à la même durée et aux mêmes caractéristiques.
Le taux d’équilibre
Le cœur du dispositif est de trouver un taux suffisamment attractif pour l’épargnant mais suffisamment inférieur au coût de financement alternatif de l’État pour créer une économie nette.
Le taux pourrait être déterminé par une formule tenant compte du Livret A, des taux auxquels l’État emprunte, de la durée de placement, de la liquidité, des frais de gestion et du traitement fiscal.
Plusieurs durées possibles
Une version liquide pourrait offrir un taux plus faible. Des versions à cinq ou dix ans pourraient offrir une rémunération supérieure en contrepartie d’une immobilisation plus longue. Une version de très long terme pourrait être articulée avec la proposition n°24 sur la retraite à trois piliers.
Cette architecture permettrait de rapprocher la durée de l’épargne de celle de la dette effectivement financée et de comparer plus sérieusement les coûts.
Un troisième effet : la souveraineté financière
Le Livret D ne doit pas remplacer les marchés financiers. Il doit diversifier les sources de financement de l’État. Une base domestique plus importante d’épargnants peut réduire la dépendance à certains mouvements internationaux de capitaux et faire revenir une plus grande part des intérêts vers les ménages français.
Le but n’est donc pas de sortir des marchés, mais d’utiliser davantage l’épargne nationale lorsque cela est économiquement avantageux.
La règle budgétaire
Le Livret D ne devrait être développé que si son coût complet est inférieur au coût de financement alternatif comparable de l’État.
COÛT COMPLET DU LIVRET D < COÛT DE FINANCEMENT ALTERNATIF DE L’ÉTAT
Si cette condition n’est plus remplie, le volume de collecte peut être réduit. Le dispositif doit rester un outil de bonne gestion de la dette, pas devenir une dépense politique automatique.
Risques et garde-fous
Le premier risque est de déplacer de l’argent déjà utile au financement du logement social, des PME ou d’autres investissements sans créer de nouvelle épargne. Il faudra donc mesurer l’origine des sommes collectées.
Le deuxième risque est de comparer à tort un produit liquide à une dette longue. Toute communication publique devra utiliser des maturités et des coûts comparables.
Le troisième risque est un coût de distribution ou un avantage fiscal trop élevé qui absorberait l’économie de taux. L’indicateur doit donc être l’économie nette, tous coûts compris.
Indicateurs de résultat
Chaque année, trois chiffres devraient être publiés : montant collecté par le Livret D ; économie nette réalisée par rapport à un financement comparable ; intérêts versés aux ménages français.
L’indicateur central serait : coût de financement alternatif comparable - coût complet du Livret D = économie nette pour l’État.
Conclusion
Le Livret D n’est pas seulement un produit d’épargne patriotique. Sa logique est économique : lorsque l’État peut emprunter moins cher auprès de ses citoyens que sur un financement comparable de marché, il peut réduire sa charge d’intérêts tout en transformant une partie des intérêts de la dette en revenus pour les ménages français.
MOINS CHER POUR L’ÉTAT + PLUS DE REVENUS FINANCIERS POUR LES FRANÇAIS + DAVANTAGE DE SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE.
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