Outre-mer : produire, investir et faire vivre les territoires
L’Outre-mer ne doit pas être considéré principalement comme un ensemble de territoires qu’il faudrait compenser. Il constitue une partie intégrante de la France, une richesse humaine, culturelle, maritime, économique et stratégique. L’ambition doit être de passer progressivement d’une économie de compensation à une économie de production, d’investissement et de création de richesse locale.
Le principe
L’Outre-mer ne doit pas être considéré principalement comme un ensemble de territoires qu’il faudrait compenser. Il constitue une partie intégrante de la France, une richesse humaine, culturelle, maritime, économique et stratégique. L’ambition doit être de passer progressivement d’une économie de compensation à une économie de production, d’investissement et de création de richesse locale.
L’objectif n’est pas de réduire la solidarité nationale. Il est de donner à chaque territoire davantage de moyens de produire, d’entreprendre, d’attirer, de former, d’exporter et de créer des emplois durables.
1. Réexaminer les sur-rémunérations publiques automatiques
Certaines majorations de rémunération ont été créées dans un contexte historique d’éloignement, de difficultés de déplacement, de coût de la vie et de pénurie de compétences. Ces réalités doivent être réévaluées territoire par territoire et métier par métier.
Une majoration ne doit pas être versée uniquement parce qu’elle existe depuis plusieurs décennies. Lorsqu’un poste est normalement attractif et que le recrutement ne présente plus de difficulté particulière, la sur-rémunération automatique doit pouvoir être progressivement supprimée. En revanche, lorsqu’un métier ou un territoire connaît une véritable pénurie, une prime ciblée d’attractivité doit rester possible.
BESOIN DÉMONTRÉ → PRIME CIBLÉE. PAS DE BESOIN DÉMONTRÉ → PAS DE SURRÉMUNÉRATION AUTOMATIQUE.
Cette réforme doit également mesurer l’effet des écarts de rémunération entre certains emplois publics et l’économie privée locale, notamment sur le logement, le marché du travail et les prix. Une partie des économies réalisées doit pouvoir être réinvestie directement dans le développement des territoires concernés.
2. Lutter contre la vie chère à la source
La réponse à la vie chère ne peut pas consister uniquement à augmenter certains revenus pour compenser des prix élevés. Il faut comprendre pourquoi les prix sont élevés et agir sur leur formation.
Pour les produits essentiels, les pouvoirs publics doivent pouvoir reconstituer la chaîne du prix : prix d’achat, fret, assurance, stockage, fiscalité, importation, grossiste, distribution et marge finale. Lorsque des écarts anormaux apparaissent, il faut identifier précisément leur origine.
Les situations de concentration excessive, d’exclusivité ou de quasi-monopole dans l’importation, le stockage ou la distribution doivent être contrôlées. L’objectif est d’ouvrir davantage les marchés lorsque cela est possible, de faciliter l’arrivée de nouveaux opérateurs et d’empêcher qu’une dépendance géographique ne se transforme en rente économique.
3. Produire davantage localement
Chaque territoire doit disposer d’un plan productif adapté à sa géographie, son climat, ses ressources et ses besoins. L’objectif n’est pas l’autarcie : certains produits continueront naturellement à être importés. Mais ce qui peut raisonnablement être produit, pêché, élevé, transformé ou fabriqué localement doit être identifié et développé.
AGRICULTURE → FRUITS ET LÉGUMES → PÊCHE → AQUACULTURE → TRANSFORMATION ALIMENTAIRE → MATIÈRES PREMIÈRES → ÉNERGIE → ARTISANAT → SERVICES.
La valeur doit rester davantage sur le territoire. Un produit localement cultivé, pêché puis transformé crée plusieurs niveaux d’activité, d’emplois et de revenus avant d’arriver au consommateur.
4. Faire de l’État un investisseur du développement ultramarin
Lorsqu’une filière présente un potentiel économique réel, l’intervention publique ne doit pas prendre uniquement la forme d’une subvention. L’État peut investir aux côtés des entrepreneurs, accepter un rendement modéré et récupérer une partie de son investissement lorsque le projet réussit.
INVESTISSEMENT → ENTREPRISES → PRODUCTION → EMPLOIS → REVENUS → RETOUR → RÉINVESTISSEMENT.
Les retours issus des investissements ultramarins doivent pouvoir alimenter de nouveaux projets : agriculture, pêche, transformation, tourisme, logement, énergie, infrastructures, économie maritime, services et innovation.
5. Créer un « Statut Retraite Outre-mer »
De nombreux retraités français souhaitent changer de cadre de vie et certains choisissent de s’installer à l’étranger. La France doit étudier une alternative attractive : leur permettre de vivre leur retraite dans un territoire ultramarin français dans des conditions fiscales adaptées.
Un Statut Retraite Outre-mer pourrait accorder un avantage fiscal temporaire et conditionné aux retraités qui établissent réellement leur résidence principale dans un territoire éligible. L’avantage serait calibré à partir du profil économique des retraités qui choisissent aujourd’hui de s’expatrier et du niveau d’incitation réellement nécessaire pour modifier leur choix.
La logique est économique : une pension française dépensée durablement à l’étranger alimente principalement une économie étrangère ; une pension française dépensée en Outre-mer alimente une économie française et ultramarine.
6. Mesurer le rendement réel de l’avantage fiscal
Le coût du dispositif ne doit jamais être évalué uniquement par la perte d’impôt sur le revenu. Il faut mesurer l’ensemble de ses effets : consommation conservée en France, fiscalité sur la consommation applicable dans le territoire, activité des entreprises, emplois créés, salaires, cotisations, fiscalité des entreprises, investissements et éventuelle diminution de certaines prestations sociales lorsque l’activité créée permet un retour durable à l’emploi.
GAIN NET = ACTIVITÉ ET RECETTES PUBLIQUES SUPPLÉMENTAIRES − AVANTAGE FISCAL − COÛTS PUBLICS SUPPLÉMENTAIRES.
Le dispositif doit être expérimenté, mesuré et corrigé. Si un euro d’avantage fiscal crée davantage de richesse et de recettes qu’il ne coûte, l’État peut développer le mécanisme. Dans le cas contraire, il doit en modifier les paramètres.
7. Transformer les nouveaux résidents en moteur pour le tissu local
Un nouveau résident représente une demande économique permanente : logement, alimentation, travaux, transports, commerces, restauration, loisirs, activités culturelles, services à la personne et tourisme familial. Cette demande doit devenir une opportunité prioritaire pour les entrepreneurs et les travailleurs locaux.
NOUVEAUX RÉSIDENTS → NOUVEAUX BESOINS → ENTREPRISES LOCALES → EMPLOIS → SALAIRES → COTISATIONS ET IMPÔTS → NOUVELLE CONSOMMATION → NOUVEAUX INVESTISSEMENTS.
L’accompagnement à la création d’entreprise, la formation et l’accès au financement doivent évoluer en parallèle afin que le territoire soit capable de répondre lui-même à une part croissante de cette demande.
8. Créer une filière du bien-vieillir
L’attractivité des retraités peut permettre de développer une véritable filière économique autour du bien-vieillir : résidences adaptées, prévention, sport, activités aquatiques, services à la personne, alimentation locale, loisirs, culture et bien-être, en utilisant les atouts naturels propres à chaque territoire lorsque cela est pertinent.
LOGEMENT → PRÉVENTION → SPORT → BIEN-ÊTRE → ALIMENTATION LOCALE → SERVICES → LOISIRS → EMPLOIS.
Cette filière doit également créer des formations et des qualifications locales afin que sa croissance bénéficie directement aux habitants.
9. Protéger les habitants et le logement
L’attractivité ne doit jamais se construire au détriment de la population locale. Une arrivée de nouveaux résidents sans augmentation de l’offre de logements pourrait accentuer les tensions immobilières.
Le Statut Retraite Outre-mer doit donc être accompagné d’une politique de construction, de rénovation et de remise sur le marché des logements vacants. Les avantages peuvent être conçus pour favoriser la création d’une offre nouvelle plutôt que la concurrence avec les habitants sur le parc existant.
10. Faire du tourisme et des liens familiaux un multiplicateur
Un retraité qui s’installe en Outre-mer attire également sa famille et ses proches. Les enfants et petits-enfants viennent lui rendre visite, découvrent le territoire, consomment localement et peuvent ensuite revenir comme touristes.
UN RETRAITÉ S’INSTALLE → SA FAMILLE VIENT → ELLE DÉCOUVRE → ELLE CONSOMME → ELLE REVIENT → ELLE FAIT CONNAÎTRE LE TERRITOIRE.
L’effet économique du dispositif dépasse ainsi la consommation du seul nouveau résident et peut soutenir le transport, l’hébergement, la restauration, les activités et le commerce local.
11. Faire découvrir toute la France aux Français
Cette stratégie doit aussi servir la cohésion nationale. Beaucoup de Français connaissent mieux certaines destinations étrangères que certains territoires de leur propre pays. L’Outre-mer doit être davantage présent dans les politiques de tourisme, de mobilité, de culture et de découverte nationale.
DÉCOUVREZ TOUTE VOTRE FRANCE.
Les échanges doivent fonctionner dans les deux sens : métropolitains découvrant davantage l’Outre-mer, Ultramarins découvrant davantage la métropole et les autres territoires ultramarins.
SE CONNAÎTRE → SE RENCONTRER → ÉCHANGER → CRÉER DES LIENS → FAIRE NATION.
12. Un plan économique propre à chaque territoire
Il n’existe pas une économie ultramarine unique. La Guyane, la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, Mayotte et les territoires du Pacifique ne disposent ni des mêmes ressources, ni de la même géographie, ni des mêmes marchés. Chaque territoire doit donc construire sa propre stratégie de développement.
UN TERRITOIRE → SES RESSOURCES → SES BESOINS → SES IMPORTATIONS → SES CAPACITÉS DE PRODUCTION → SES FILIÈRES STRATÉGIQUES → SES INVESTISSEMENTS → SES EMPLOIS.
Objectif final
La politique ultramarine doit progressivement passer de la compensation à l’investissement, de la dépendance à la création de richesse et de l’importation systématique à la production locale lorsqu’elle est possible.
L’Outre-mer ne doit pas être la France lointaine. Il doit être une France que tous les Français connaissent, visitent, font vivre et considèrent pleinement comme la leur.
FAIRE VIVRE L’OUTRE-MER, C’EST Y PRODUIRE, Y PÊCHER, Y TRANSFORMER, Y INVESTIR, Y ENTREPRENDRE, Y VOYAGER, Y PRENDRE SA RETRAITE ET Y CRÉER DE LA RICHESSE.
L’ambition est de faire de chaque territoire ultramarin un véritable pôle économique français dans sa région du monde, tout en renforçant les liens entre les Français. Développer l’Outre-mer, c’est aussi faire nation.
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