france réforme.Les 72 propositions
Grand âge et autonomie

Grand âge et dépendance : créer les colocations grand âge

Proposition 71 sur 72 · 1414 mots · Donner mon avis

Entre le domicile isolé et l’EHPAD, la France doit développer une troisième voie : de petites colocations adaptées, à taille humaine, permettant à 6 à 8 personnes âgées de vivre ensemble tout en mutualisant les soins, les repas, les déplacements et les services.

VIEILLIR ENSEMBLE PLUTÔT QUE VIEILLIR SEUL

Entre le domicile isolé et l’EHPAD, la France doit développer une troisième voie : de petites colocations adaptées, à taille humaine, permettant à 6 à 8 personnes âgées de vivre ensemble tout en mutualisant les soins, les repas, les déplacements et les services.

PETITES MAISONS POUR VIVRE + SERVICES MUTUALISÉS POUR ACCOMPAGNER.

1. Une vraie maison, pas un mini-EHPAD

Chaque résident conserve un espace privatif, ses meubles, son intimité et la possibilité de recevoir sa famille. Les espaces communs sont conçus comme ceux d’un logement : salon, cuisine domestique, terrasse ou jardin lorsque c’est possible. La maison est adaptée à la perte d’autonomie : circulation facilitée, sanitaires accessibles, sécurité et absence d’obstacles inutiles.

LA PERSONNE ÂGÉE HABITE DANS UNE MAISON. ELLE NE VIT PAS DANS UN ÉTABLISSEMENT.

2. Une maison qui reste un lieu de vie

Chaque maison dispose, lorsque sa configuration le permet, d’un jardin et d’un potager accessible : bacs surélevés, fleurs, cuisine, bricolage léger, lecture, jeux, musique, promenades et activités associatives. Des activités intergénérationnelles avec écoles, centres de loisirs et associations locales peuvent être organisées. Rien n’est obligatoire : chacun participe selon ses envies et ses capacités.

VIVRE → PARTICIPER → BOUGER → TRANSMETTRE.

3. Regrouper les soins pour rendre du temps aux soignants

Le matin, une équipe de soins adaptée aux besoins des résidents vient dans la maison et enchaîne les toilettes, aides au lever, traitements et soins. Le professionnel ne perd plus une partie importante de sa tournée entre plusieurs domiciles dispersés. Le même principe vaut pour les passages du kinésithérapeute, de l’infirmier, du podologue et des autres professionnels.

1 DÉPLACEMENT → 1 MAISON → PLUSIEURS PRISES EN CHARGE.

Plusieurs colocations proches peuvent mutualiser certaines tournées du matin, du soir, de nuit et les remplacements. Un infirmier référent est attaché à chaque logement pour assurer le suivi sanitaire et la coordination ; le personnel d’entretien et de vie quotidienne assure la continuité de la maison.

MOINS DE ROUTE POUR LES SOIGNANTS = PLUS DE TEMPS POUR LES PERSONNES.

4. Mutualiser les repas avec les services qui existent déjà

Comme pour les Maisons de protection de l’enfance, il ne faut pas recréer dans chaque petite structure tous les services nécessaires. Selon les capacités locales et les règles sanitaires, les repas peuvent être préparés par une cuisine centrale municipale, une cantine communale, un collège, un lycée ou un autre établissement public disposant d’une restauration collective.

CANTINE / CUISINE EXISTANTE → PRODUCTION SUPPLÉMENTAIRE → LIVRAISON GROUPÉE → COLOCATION.

Une seule livraison peut alimenter plusieurs résidents et plusieurs maisons proches. La cuisine domestique de la maison reste disponible pour les résidents qui souhaitent cuisiner. L’argent économisé sur les doublons doit être concentré sur la présence humaine, les soins et l’accompagnement.

5. Réduire les transports sanitaires évitables

Le regroupement des résidents permet de faire venir certains professionnels auprès de plusieurs personnes au même endroit et de réduire des transports individuels en ambulance, VSL ou taxi conventionné lorsque le déplacement du patient n’est pas médicalement nécessaire. Les transports indispensables aux consultations, examens et hospitalisations sont naturellement maintenus.

NE PAS SUPPRIMER LE TRANSPORT NÉCESSAIRE. SUPPRIMER LE TRANSPORT ÉVITABLE.

6. Utiliser le patrimoine sans obliger à le vendre

Lorsqu’une personne âgée propriétaire quitte son logement pour rejoindre une Colocation Grand Âge, elle peut choisir de mettre son appartement ou sa maison en location. Le loyer contribue directement au financement de sa nouvelle vie, sans l’obliger à vendre son patrimoine.

LOGEMENT LIBÉRÉ → LOCATION → REVENU → FINANCEMENT DE LA COLOCATION.

Le logement ainsi libéré peut notamment être proposé à un ménage disposant de revenus modestes. Dans certaines situations, une grande maison appartenant à une personne âgée peut elle-même être adaptée pour devenir une Colocation Grand Âge, permettant au propriétaire de rester chez lui tout en rompant son isolement.

7. Financer par plusieurs leviers plutôt que par une nouvelle dépense unique

Le financement combine la participation du résident selon ses ressources, le revenu éventuel de son ancien logement, l’APA et les aides existantes, la mutualisation des services, la réduction des déplacements, l’utilisation des équipements publics existants et, lorsque cela reste nécessaire, un complément de solidarité publique.

MOBILISER L’EXISTANT AVANT DE CRÉER UNE NOUVELLE DÉPENSE.

8. Réserver une part des places aux plus modestes

Les Colocations Grand Âge ne doivent pas être réservées aux propriétaires ou aux retraités aisés. Dans chaque maison ou réseau local de maisons, une proportion des places est réservée aux personnes disposant des ressources les plus faibles. Le taux définitif est fixé après expérimentation économique. Ces places sont réparties dans les mêmes maisons, avec les mêmes services et les mêmes droits.

MÊMES MAISONS. MÊMES SERVICES. MÊME DIGNITÉ.

9. Créer un bouclier contre les arnaques et les abus de faiblesse

La vie collective et la présence régulière de professionnels réduisent l’isolement qui facilite certaines escroqueries. Chaque maison organise une prévention simple : information sur les arnaques, intervenants extérieurs identifiés, possibilité de demander conseil avant une signature ou une dépense inhabituelle importante, référent de confiance choisi par le résident et procédure rapide de signalement.

PROTÉGER SANS INFANTILISER.

La personne conserve ses droits, son autonomie et la maîtrise de son patrimoine tant qu’aucune mesure juridique n’en dispose autrement.

10. Faire de la maison un élément du territoire

Les colocations sont reliées aux communes, professionnels de santé, associations, commerces, écoles et services publics. Dans les territoires ruraux, elles peuvent consolider une cuisine collective, des emplois locaux, des commerces et certains services de proximité au lieu de créer une organisation parallèle.

GRAND ÂGE → SERVICES MUTUALISÉS → EMPLOIS LOCAUX → LIEN SOCIAL → TERRITOIRE CONSOLIDÉ.

11. Garder l’EHPAD pour les situations qui nécessitent réellement une forte médicalisation

La Colocation Grand Âge ne remplace pas l’EHPAD lorsque l’état de santé impose une surveillance et une présence médicale importantes. Elle crée une étape supplémentaire entre le domicile et l’établissement médicalisé.

DOMICILE AUTONOME → DOMICILE ADAPTÉ → COLOCATION GRAND ÂGE → COLOCATION RENFORCÉE SI POSSIBLE → EHPAD / UNITÉ MÉDICALISÉE SI NÉCESSAIRE.

12. Expérimenter, mesurer et comparer le coût global

Le modèle est d’abord expérimenté dans des territoires urbains, périurbains et ruraux. Pour des groupes comparables, l’État mesure le coût complet de huit personnes vivant seules à domicile, de huit personnes en Colocation Grand Âge et de huit places d’EHPAD. L’évaluation intègre soins, APA, personnel, repas, transports sanitaires, aides au logement, hospitalisations évitables, administration et immobilier.

La qualité de vie est mesurée en parallèle : autonomie, chutes, hospitalisations, isolement, temps réellement consacré aux soins, satisfaction des résidents et des familles.

COÛT GLOBAL + QUALITÉ DE VIE + AUTONOMIE = VÉRITABLE ÉVALUATION.

PETITES MAISONS POUR VIVRE. SERVICES MUTUALISÉS POUR ACCOMPAGNER. SOLIDARITÉ POUR QUE PERSONNE NE SOIT EXCLU.

« Nous ne construirons pas un établissement autour de chaque personne âgée. Nous organiserons les services autour de petites maisons où les personnes pourront continuer à vivre. »

GRILLE D’ÉVALUATION À APPLIQUER AUX 72 PROPOSITIONS

1. Constat, Quel problème précis cherche-t-on à résoudre ?

2. Mécanisme, Comment la mesure fonctionnerait-elle concrètement ?

3. Coût ou économie, Quel est l’impact budgétaire brut et net ?

4. Financement, Si la mesure coûte, quelle ressource la finance ?

5. Délai, 100 jours, 1 an, durée d’un mandat ou long terme ?

6. Difficulté, Technique, juridique, européenne, constitutionnelle ou budgétaire ?

7. Risques, Quels effets pervers ou contournements sont possibles ?

8. Expérimentation, Peut-on tester la mesure avant de la généraliser ?

9. Indicateur, Quel chiffre dira objectivement si la mesure fonctionne ?

10. Réexamen, À quelle date décide-t-on de conserver, corriger ou abandonner la mesure ?

CONCLUSION

Ces soixante-douze propositions ne prétendent pas apporter toutes les réponses. Certaines seront solides dès l’étude initiale, d’autres devront être profondément modifiées et certaines pourront être abandonnées si elles ne résistent pas aux faits.

Le but n’est pas de défendre une doctrine figée, mais d’installer une méthode : simplifier, produire, transmettre, investir, contrôler, protéger et mesurer.

Une politique publique ne doit pas être conservée parce qu’elle vient d’un camp, ni rejetée parce qu’elle vient d’un autre. Elle doit être jugée sur ses conséquences.

Je ne demande pas que ces idées portent mon nom. Je souhaite qu’elles soient discutées, chiffrées, critiquées, améliorées et, lorsqu’elles sont bonnes, qu’elles servent la France.

72 PROPOSITIONS. UNE MÉTHODE. UN OBJECTIF : FAIRE MIEUX.

XVI. POUVOIR D’ACHAT ET NOUVEAU CONTRAT SOCIAL

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